L’Amue aux côtés des établissements pour transformer la gestion immobilière

Catégorie : Témoignage

Auteures et auteur :

Julie Marsot, Nathalie Timores, Serge Bourgine DdAC, AMUE

Face à la complexité du paysage immobilier dans l’ESR, l’Amue fait évoluer son approche et propose un accompagnement sur mesure pour construire, ensemble, des solutions durables.

Comment concilier la complexité des enjeux immobiliers avec la nécessité d’une stratégie d’achat mutualisée, dans un contexte de fragmentation du marché, d’hétérogénéité des besoins et d’incertitude juridique et technique ?

Immobilier : entre nécessité stratégique et maturité inégale

La gestion du parc immobilier dans l’enseignement supérieur et la recherche (ESR) représente un enjeu stratégique majeur, mêlant besoin des usagers, transition énergétique, numérisation, rationalisation des moyens et interopérabilité des systèmes. Du reste, dans un rapport récent, l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche a souligné l’enjeu de disposer d’un SI dédié à l’immobilier. Cependant, malgré les efforts du MESR, de la Direction de l’Immobilier de l’État (DIE) et de l’Amue pour structurer ce domaine via le cadre de cohérence immobilier et le développement des SIPI, le paysage montre une maturité très disparate entre établissements.

Certains fonctionnent encore avec des outils rudimentaires (comme Excel), tandis que d'autres disposent d’un SIPI peu exploité, ou à l’inverse, d’un système avancé couvrant la GMAO et le BIM. L'absence de langage commun et les démarches isolées renforcent cette hétérogénéité, freinant l’atteinte de l’objectif d’un pilotage unifié du parc immobilier de l’ESR (18 millions de m² de bâtiments environ, et 56 millions de m² de foncier non-bâti).

D’autant que les incertitudes technologiques, juridiques et contractuelles – comme l’obsolescence rapide des logiciels ou le rachat de fournisseurs – accentuent les réticences. Pourtant, l’émergence d’un socle commun de données porté par la DIE pourrait créer les conditions d’une harmonisation progressive, en clarifiant les attendus d’un SI immobilier. Toutefois l’horizon de ce socle se situe à trois ans et ne milite pas pour la mise en place d’un outil dans l’intervalle temporel dans la mesure où le référentiel et sa profondeur pourraient connaître de profondes évolutions.

Un marché en tension et une stratégie de mutualisation à réinventer

Du côté des achats mutualisés, l’expérience de l’accord-cadre SIPI mis en place par l’Amue s’est révélée mitigée, avec seulement trois établissements utilisateurs. Plusieurs freins sont identifiés dans l’utilisation de cet accord-cadre qui se termine à la fin de l’année 2025 : instabilité du marché logiciel, complexité des besoins et absence de cadre clair quant aux attentes des opérateurs et de l’État.

Malgré cela, l’intérêt pour une nouvelle dynamique d’achat mutualisé émerge : 19 établissements ont exprimé leur volonté de participer à une nouvelle réflexion. Toutefois, la diversité des solutions logicielles, leur pérennité incertaine, et la volatilité du paysage commercial rendent complexe la mise en place d’un accord-cadre robuste.

Face à cette réalité, l’Amue se propose de changer de cap : dans un premier temps, elle souhaite proposer désormais un accompagnement sur mesure des établissements dans le choix de leurs outils (assistance à maîtrise d’ouvrage), plutôt que l’imposition d’un outil unique. Ce virage s’inscrit dans une logique de souplesse et d’adaptation, tout en maintenant la volonté de soutenir la modernisation de la gestion de ses adhérents, conformément aux missions statutaires de l’Agence.

Vers une convergence progressive des deux approches

Pour autant, et dans un second temps, la piste d’un SI immobilier n’est pas abandonnée par l’Amue. Certes ainsi que nous l’indiquions ci-dessus, l’acquisition d’outils de gestion et de pilotage du parc immobilier reste aujourd’hui freinée par de nombreux facteurs, mais elle pourrait reprendre après la structuration progressive du cadre (socle commun, accompagnement AMO, standardisation future). Au-delà d’un éventuel accord-cadre porté par la centrale d’achats de l’Amue, l’option d’un développement porté par l’Amue et ses adhérents ne doit pas être écartée. Ainsi faut-il rappeler que depuis juin 2024, les établissements disposent d’un levier pour construire une solution informatique via la Contribution volontaire à la Construction des Systèmes d’Information (CCSI). Au travers de ce mode de financement, en investissement, un groupe d’établissements volontaires peut amorcer la conception et la co-construction d’une solution, qui sera ensuite d’un usage gratuit et illimité dans le temps pour eux, mais bien sûr payante pour les autres, au tarif mutualisé. La mutualisation trouverait ici à jouer pleinement son rôle et sa valeur ajoutée par une convergence d’intérêt commun.

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