Numéro 37mai 2025
Le SI patrimoine : brique essentielle du SI des universités
Catégorie : Enjeux et stratégie
Auteurs :
Olivier Wong Hee Kam, Philippe Lahire Bureau de l’association VP-Num
Le numérique irrigue désormais tous les aspects de la gestion immobilière dans les universités. Au croisement du pilotage stratégique, des usages et de la performance énergétique, le SI patrimoine s’impose comme un levier incontournable. Encore faut-il qu’il soit bien conçu, bien gouverné… et bien relié aux autres pans du système d’information.
L’introduction de l’approche BIM (Building Information Modeling) pour une modélisation du patrimoine en 3D favorise les interactions autour des problématiques patrimoniales et numériques, même si cela concerne aussi d’autres directions.
Le numérique au service du patrimoine
Le numérique est multiforme : on doit le considérer maintenant comme un fluide sur lequel s’appuie le contrôle d’accès (badges, caméras, etc.), la GBT (chauffage, climatisation, éclairage, sécurité incendie…) et plus généralement toute remontée de données en provenance de capteurs (par exemple pour mesurer les consommations énergétiques). Ces données sont essentielles pour à la fois une meilleure maîtrise des coûts et la mise en œuvre d’une vraie stratégie « transition environnementale » (voir par exemple l’article sur l'Université Côte d’Azur : une intelligence collective au service de la sobriété énergétique).
Enfin, le numérique est à l’image du mobilier, un élément essentiel pour les usagers du bâtiment (couverture WIFI et filaire, équipement de visioconférence…). Le développement de l’internet des objets (IoT) est un facteur accélérateur de l’évolution des usages.
Le SI du patrimoine : complétude et transversalité
Le SI patrimoine recense bien sûr des données de localisation, de surface ou de volume mais aussi nombre d’informations recueillies à travers le fluide « numérique » mentionnées ci-dessus. On peut considérer qu’il contient aussi des données financières liées à l’amortissement ou à la valorisation comptable des bâtiments, des données techniques permettant leur maintenance et leur pilotage et des données relatives à la description des locaux.
Selon le type d’information, les données sources peuvent être stockées dans différents logiciels ou base de données : par exemple la description des locaux d’enseignement peut se trouver dans le logiciel de gestion des emplois du temps (en totalité ou en partie) ou être simplement importée dans ce logiciel. Mais les choix d’urbanisation du SI doivent garantir la gouvernance et la qualité des données.
Les données de localisation sont transversales à plusieurs pans du SI (personnels et étudiants, formations, recherche, services métiers, etc.). Le référentiel géographique est en effet avec celui des structures l’un des plus transversaux et sa gouvernance est donc essentielle. SINAPS accueille aujourd’hui le référentiel des structures et il est important que rapidement ce soit aussi le cas du référentiel géographique.
Les données du SI Patrimoine sont nécessaires au pilotage des universités et les systèmes d’information décisionnels (SID) qu’elles utilisent (Sterennes, Sirocco, etc.), doivent pouvoir recevoir les données patrimoniales et créer des indicateurs de différentes natures possiblement croisés (financiers, géographiques, consommations énergétiques, etc.) pour par exemple, préparer un dossier de dévolution, évaluer l’empreinte carbone ou des coûts de fonctionnement.
Numérique, Immobilier et stratégie d’établissement
Malgré des différences d’ordres de grandeur (financiers, moyens, échelles de temps) et de champs de compétences (génie civil, génie informatique) on peut mettre en lumière des similitudes intéressantes entre le patrimoine immobilier d’un établissement et son patrimoine numérique. En termes de pilotage stratégique, plusieurs établissements utilisent des schémas directeurs (numérique, immobilier) qui permettent non seulement d’anticiper le renouvellement des infrastructures, mais aussi gérer le transfert du mode « projet » dédié aux opérations exceptionnelles vers le mode « production » qui vise à maintenir en conditions opérationnelles les installations (physiques et numériques).
En termes d’usages, la complémentarité de l’immobilier et du numérique s’est renforcée avec les années, avec une accélération subie durant la crise sanitaire : dorénavant les modalités d’utilisation hybride (télétravail, enseignement hybride) sont installées dans nos organisations. Ainsi il nous semble aujourd’hui nécessaire de repenser conjointement l’usage et l’aménagement des espaces (bureaux partagés, salles flexibles « BYOD ») et le déploiement des solutions numériques, pour tenir compte des évolutions sociétales, technologiques et environnementales qui touchent aujourd’hui le monde de l’ESR.
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