Numéro 09mai 2020
Accessibilité et lien social dans la cité connectée
Catégorie : Recherche
Auteur :
Vincent Meyer Professeur des universités, Université Côte d'Azur - Laboratoire URE TransitionS
À l’université Côte d’Azur, on pose les bases d’une réflexion sociétale : solidarité numérique versus inégalité numérique, tout faire pour aider et accompagner chacun, quel qu’il soit, dans l’accessibilité, investiguer la recherche-action, pour recréer du lien social.
Penser l’accessibilité des technologies numériques, c’est la penser pour toutes et tous…
Si pareil constat peut sembler aujourd’hui simpliste ou largement « accepté », les marges de progression restent importantes pour nombre de personnes en situation de handicap, de fragilité et/ou vulnérabilité prises en charge et/ou en compte dans différents établissements, à leurs domiciles et/ou dans la cité. Gageons que la crise sanitaire liée au Covid-19 et, avec elle, l’usage « pressé ou prescrit » des outils collaboratifs interrogera, avec force, ce que veut dire "(re)créer du lien social par/avec le numérique" et, en ce sens, ce qui est (déjà) présenté comme l’avènement d’une « solidarité numérique » et/ou la consolidation d’une « inégalité numérique » (L’avenir du numérique dans le champ social et médico-social).
Ceci posé, qui oserait remettre en cause la place du numérique dans la pédagogie et le travail universitaire lato sensu ? Les progrès les plus notables à l’université pour ces publics sont – outre l’accessibilité physique des lieux – le développement d’une culture du numérique depuis l’accessibilité aux documents en bibliothèque, aux éditions, aux enseignements… Pour ne prendre que l’exemple de l’Université Côte d’Azur (UCA) s’y ajoute, en cette période, un réel souci de réduire l’« isolement numérique » avec, entre autres, une mise à disposition d’ordinateurs, de clés 4G… Par ailleurs, la mission handicap de l’UCA effectue un travail remarquable pour répondre aux besoins et demandes à chaque fois spécifiques tant les situations des publics le sont concrètement dans leur quotidien. Mais, pour citer notre vice-président Politique Handicap (08/05/2020) : « Nous ne sommes probablement qu’au début de ce chemin ». En effet, parmi les pistes possibles, il y a le rapprochement à renforcer, surtout pour les questions d’accessibilité numérique, avec le champ professionnel du social et médico-social qui – en quelque 100 ans d’existence – a une connaissance et une expertise essentielles des situations comme des personnes. Si ce champ est déjà investi par la recherche en sciences humaines et sociales (particulièrement en recherche-action), nous expérimentons à l’Institut méditerranéen du risque, de l’environnement et du développement durable, des formations/interventions portant sur la « transition digitale et le lien social » pour soutenir ces professionnels dans leurs actions particulièrement en matière d’inclusion et de médiation numériques.
Ainsi travaillons-nous, dans une pédagogie interactive, avec les praticiens du social et médico-social (et à partir de leur expérience) sur les enjeux des technologies numériques notamment ceux de la production, de l’exploitation des données ; sur les risques déjà identifiés (avec leurs publics) en termes de protection des données, d’addiction et/ou de surexposition aux écrans, sur les questions éthiques dans la relation homme-machine. Plus largement enfin, sur une connaissance des outils (des plates-formes aux applications sur smartphone à la robotique d’assistance pour ouvrir sur les environnements intelligents du domicile à la ville).
Ceci afin d’élaborer un projet-action numérique dans une vision prospective avec de possibles transpositions de leurs missions et pratiques dans nos prochains environnements urbains et cités connectées qui seront un des leviers (et défis…) de nos futurs liens sociaux.
L’Institut Méditerranéen du Risque, de l’Environnement et du Développement Durable (IMREDD)
Au sein de l’Université Côte d’Azur, les Instituts d’Innovation et de Partenariats (2IP) ont pour mission, en relation avec le monde économique, d’impulser des actions de recherche partenariale/transfert, de créer des formations initiales et continues et de favoriser l’expertise et l’innovation au service du développement économique et de la création d’emplois sur le territoire. En ce sens, l'IMREDD développe ses activités dans le champ de la Smart city autour de domaines d’activités stratégiques comme : le quartier/bâtiment intelligent et énergie ; cycle de l’eau et environnement ; risques ; mobilité intelligente… Mais l’enjeu principal et transversal à tous ces domaines est l’humain au cœur des initiatives Smart City. Les aspects philosophiques, éthiques, sociaux, sécurité, bien-être, changement de comportement, usages sont ainsi pris en compte pour construire une smart city humaine, enjeu de l’avenir urbain.
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