La collection numérique

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Virtuels ? Vous avez dit virtuels dans le Sup' ?

Numéro 26avril 2023

Édito

Rappelez-vous… Il y a tout juste un an, au printemps 2022, tout, dans nos discussions, ne bruissait que de métavers, dernier pas – en tout cas dernier en date – d’une virtualisation objectivement croissante dans l’enseignement supérieur, à l’instar de nos sociétés entières. Une virtualisation que la crise sanitaire de près de deux ans liée à la pandémie de COVID a moins engendré qu’elle n’a, comme beaucoup d’autres phénomènes, accéléré. Et cela de concert avec la forte accélération de la formation professionnelle continue et de son marché, avec des conséquences annexes sur l’enseignement supérieur.

Les débats à pleines pages sur le métavers ont été éclipsés, à peine six mois plus tard, par d’autres, portant sur l’impact des robots conversationnels suivant le modèle de ChatGPT-3 dans la pédagogie. Le métavers a semblé plus loin. Les stratégies des grands groupes ont paru (provisoirement ?) hésitantes.

Loin de moi l’idée de me protéger par ce rappel du regard en coin du lecteur que j’imagine, quand, dans six mois, il aura certainement vu d’autres débats encore agiter ceux qui s’intéressent aux évolut ions de l’enseignement supérieur et de la part que le numérique y prend. Serait-ce à dire que ce numéro interviendrait trop tard après l’émergence du véritable « game changer » ou point de bascule pour l’enseignement supérieur qu’est le modèle GPT ? Notamment parce que si l’adoption de la virtualisation nécessite l’adhésion (parfois longue) des acteurs, les avatars de ChatGPT s’en passent pour bouleverser le quotidien de l’enseignement ? Au contraire, ce numéro de la collection numérique Virtuels ? Vous avez dit virtuels dans le supérieur ? remet à leur place les enjeux de la virtualisation, relance la réflexion et rappelle à ses lecteurs que, dans un domaine où le « présentisme » est mode dominant de pensée, la virtualisation, pas plus que la « révolution numérique », n’est nouvelle, et que la définit ion de la « virtualisation » recoupe, concrètement, toute une série d’outils et d’usages des plus divers. Le plus éclaté des panoramas ne saurait être exhaustif sur la multiplicité des occurrences aujourd’hui dans l’enseignement supérieur.

Ce numéro a aussi le mérite de rappeler à chaque page le rhizome des acteurs en jeu, et les tensions qui s’exercent également au sein des universités d’abord, mais aussi du secteur économique – qui déborde le secteur de la EdTech – et comme enjeu territorial, à la fois local (régional, national et international) et déterritorialisé. Il est aussi une très belle vitrine des projets pilotés et financés par le Secrétariat Général à l’Investissement (SGPI) pour le compte du MESR, dans le cadre des Investissements d’Avenir et de France 2030, et notamment de Nouveaux Cursus à l’Université, d’Hybridation des formations et de DémoES (Démonstrateurs de la transformation numérique dans l’enseignement supérieur). Il montre particulièrement tout le pari que constitue ce dernier programme de 100 M€ multiscalaire qui a fait le choix de diversifier la nature des projets de virtualisation et le degré de maturité antérieure des lauréats sur la question. Ce pari initial, inscrit dans la Stratégie Nationale d’accélération pour l’Enseignement et le numérique de France 2030, est venu se doubler d’un encouragement très fort de l’État à constituer des réseaux d’établissements « compagnons » : à la fois entre établissements lauréats, et entre établissements lauréats et non-lauréats désireux de partager des réflexions, des essais et des pratiques pour que cette diffusion de la virtualisation soit aussi accélérée dans de meilleures conditions, en créant des communautés apprenantes. Enfin, ce numéro peut se lire comme une préfiguration des livres blancs que l’État a demandé aux 17 projets lauréats (qui regroupent 75 établissements), pour diffuser les expériences menées, permettre à chacun de s’en emparer et de poursuivre la réflexion et enfin donner à l’État des éléments stratégiques pour ses politiques publiques à venir : car entre usages réels, évaluation des impacts, et aussi pari nécessaire sur l’avenir, le financement de la virtualisation, pour les établissements comme pour la puissance publique, est un enjeu stratégique pour l’enseignement supérieur mondial. Et cela n’est pas près de changer.

Mireille BRANGÉ
Coordinatrice de la Stratégie Enseignement et numérique de France 2030 (SGPI)

Sommaire de ce numéro

Contribution & Informations légales

Mireille Brangé, Thierry Koscielniak, Hervé Luga, Frédéric Pomies, Walter Bonomo, Sébastien Fernandez, Nora Van Reeth, Hamid Le Fleurier,  Olivier Wong, Frédérick Desenzani, Maité Sylla-Iyarreta Veitía, Christian Cousquer, François Caumont, Romuald Arnold, Patrick Ravaux, Laurent Hussenet, Brigitte Colantonio, Xavier Moulin, Sophie Grégoire, Mylène Lorre Guidt, Xavier Moulin, Anna Martin Coesel, Beatrice Biancardi, Stéphanie Buisine, Sabrina Caliaros, Anne Veghte-Quatravaux, Antoine Balateu, Elodie Quérat, Anna Pagès i Vilà, Jean Frayssinhes, Nicolas Gauthier,  Fun Man Fung, Eric Hawkinson,  Bertrand Mocquet et David Rongeat

Cyprien Canivenc, Karim Hasnaoui, Raphaelle Demeyer, Jean-Yves Plantec, Benoit Roig, Marie Guillaume, François Jarrige, Julien Lugand et Bastien Poggi

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