Numéro 38septembre 2025
Les Grandes écoles, acteurs engagés pour la filière numérique
Catégorie : Enjeux et stratégie
Auteures :
Caroline Roussel VP Numérique, CGE Directrice générale, IESEG School of Management
Marie Salvan Référente commission Numérique CGE
Les Grandes écoles forment chaque année des milliers d’étudiants et de professionnels aux métiers du numérique. En lien étroit avec les entreprises, elles adaptent sans cesse leurs programmes pour répondre aux besoins du terrain et préparer des talents responsables.
Selon la DARES (NDLR : Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques – Ministère du travail), le métier d’ingénieur en informatique continuera à faire partie de ceux en tension à l’horizon 2030, avec 43% de postes à pourvoir et 115 000 postes ouverts entre 2019 et 2030. Plus largement, le développement de la filière numérique nécessite des professionnels formés en nombre, en ingénierie mais aussi dans d’autres branches métiers.
Les Grandes écoles contribuent à répondre au besoin en main d’œuvre qualifiée (du marché du travail français et également international) par leur mission de formation notamment. Au sein de la Conférence des Grandes Écoles (CGE), qui regroupe 236 Grandes écoles françaises, une centaine d’Écoles d’ingénieurs proposent une spécialisation numérique. Et, les écoles de management ne sont pas en reste puisqu’elles délivrent des formations au management de la data, des projets IA ou de la technologie de manière plus générale. Cette offre de formation se décline à différents niveaux, avec des programmes de niveau licence, master voire doctorat à destination d’étudiants en formation initiale, d’apprenants en poursuite d’études et/ou de professionnels, dans le cadre de la formation tout au long de la vie.
Les Grandes écoles ont une relation de proximité avec les entreprises, notamment pour appréhender la pertinence de leurs formations. Particulièrement dans le secteur numérique, l’évolution rapide des technologies et des outils nécessite une mise à jour régulière des connaissances et des compétences attendues. Du point de vue des établissements d’enseignement supérieur, une adaptation régulière des objectifs et contenus pédagogiques s’impose, par création de nouveaux programmes ou par transformation de ceux existants. En cette rentrée, on compte par exemple 8 nouvelles formations labellisées par la CGE « Mastère Spécialisé » ou « MSc-Master of Science » sur les thématiques Intelligence Artificielle, Cybersécurité ou Data Science.
Une prise en compte de considérations non seulement techniques mais éthiques, environnementales et humaines de l’usage des technologies est à l’œuvre. À l’échelle des Grandes écoles, cela se traduit par exemple par l’hybridation des savoirs, avec des partenariats entre écoles d’ingénieurs et de management, qui allient leur expertise pour former des professionnels compétents et responsables. Parmi les formations labellisées par la CGE, 7 programmes axés sur les compétences numériques sont portés conjointement par des écoles de spécialités différentes, soit 8% des formations sur les sujets numériques. Cela se manifeste également par une sensibilisation aux enjeux du Numérique responsable par des ateliers participatifs proposés par certaines écoles aux étudiants (Fresque du Numérique) ou encore par la rédaction de ressources telles que le livre blanc « Numérique dans les Grandes écoles : une approche à 360° ».
Le développement de la filière numérique reste un objectif pour répondre aux enjeux économiques nationaux. Cette filière peut parfois souffrir d’un déficit d’image auprès des jeunes et plus particulièrement des jeunes filles. Dans cette perspective, la CGE se mobilise au sein de plusieurs initiatives nationales multi partenariales de promotion de la filière numérique auprès de la société civile et en particulier des jeunes. On peut par exemple citer les Trophées NSI et la semaine NSI, pilotés par Talents du Numérique, qui visent à intéresser le public lycéen au numérique et aux sciences informatiques par une programmation évènementielle mobilisant établissements scolaires et d’enseignement supérieur, entreprises et partenaires institutionnels, et, par un concours de projets informatiques dans le cadre scolaire de la spécialité NSI.
Plus spécifiquement, au vu de la part réduite des femmes inscrites dans les écoles d’ingénieurs (taux de féminisation moyen de 30% dans les écoles d’ingénieurs membres de la CGE), le renforcement de leur présence dans le secteur, et dans la filière numérique en particulier, est un des leviers à envisager. Dans cette optique, la CGE est membre fondateur du consortium TechPourToutes qui réunit des acteurs de l’ESR et de la société civile autour d’une ambition commune : mieux informer, attirer et accompagner les femmes vers le numérique.
Enfin, avec le développement de l’IA dans notre quotidien et bien sûr sur les campus, les Grandes écoles, qu’elles soient d’ingénieurs, de management ou d’autres spécialités, se doivent d’informer et de former à son usage raisonné et responsable. Le numérique, désormais aussi sous forme de l’IA, s’invite ainsi de plus en plus comme une compétence transversale dans les différents cursus. Au-delà de la cible étudiante, la formation doit également être déployée pour le personnel administratif et enseignant. Dans cette dynamique, les Grandes écoles conduisent aussi une réflexion sur les règles d’usage et élaborent des guides de bonnes pratiques à l’échelle de leur établissement, comme en témoigne le hors-série « Intelligence artificielle : pour un usage raisonné et critique de l'IA dans les Grandes écoles ».
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