Numéro 38septembre 2025
L’évolution rapide des métiers numériques bouscule les compétences
Catégorie : Vue d’ensemble
Auteur :
David Rongeat, Directeur du Pôle Stratégie et Transformation Numérique - Amue
Dans ce contexte d’accélération, les établissements doivent composer avec une rareté croissante des talents et un écart qui se creuse entre besoins et profils disponibles. Mutualiser et partager apparaissent comme des pistes pour relever collectivement le défi.
Un coup d’œil dans le rétro
« Numérique, métier en tension ? » était le titre d’un article du N°15 « Les numériques en RH » (à lire page 36-37 lien dans l’encart ci-contre). Quatre ans plus tard, la réponse à la question est encore plus affirmative : oui le numérique est un métier en tension et cette tension est croissante. Pas d’autocitation ici mais un regard avec recul sur la situation que nous vivons tous en tant qu’acteurs du numérique. On peut retenir de cet article, l’inadéquation entre les besoins des entreprises et les compétences des candidats, besoins qui évoluent plus vite que le « marché de l’emploi » n’évolue en termes de compétences. Également, pour certains acteurs, une envolée des salaires. Une relative amélioration de la féminisation des équipes numériques apparaissait. Enfin, une piste en conclusion de cet article pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche était de recruter nos propres étudiants.
Retour sur
Le numéro 15 Les numériques en RH - Juin 2021 portait sur le numérique pour la gestion des RH.
Un pas de côté : plus et plus vite
Sur ces quatre années, nous constatons un fort accroissement des besoins en numérique générant plus encore de tensions sur les ressources, dans un contexte économique tendu. Cette accroissement est illustré par l’injonction de toujours « plus de numérique », plus d’automatisation, plus d’IA (qui était encore assez inaccessible en 2021). Tout cela avec une incidence sur le sens du travail pour certains collègues, souvent les plus jeunes (impacts environnementaux ou sociétaux du tout numérique).
Accélération également dans l’évolution du socle des métiers du numérique : les manières de faire, les technologies, les modèles économiques pour les services numériques, … Un métier en constante rénovation avec une accélération de plus en plus vive. Difficile pour certains de se former à toutes ces nouveautés. Les exigences évoluent aussi fortement, une évolution bénéfique au fond, rendant parfois les projets encore plus complexes : sécurité, protection des données personnelles, ajout d’IA générative, accessibilité…
Un cadre d’intervention qui évolue prestement : le métier du numérique a vu changer les méthodes de travail, accroitre le recours aux prestations de services, apparaitre de nouveaux statuts tels que freelance mais aussi l’offshore (peu pratiqué dans l’Enseignement Supérieur et Recherche).
L’IA a aussi une incidence directe sur certains métiers du numérique en automatisant ou optimisant certaines activités, notons l’exemple le plus flagrant des postes de développeurs web qui sont directement impactés (il y a eu des vagues de licenciement aux USA) par de nouveaux outils, sur base d’IA, de génération très performante de sites web. A l’opposé, son utilisation croissante devient une compétence (ou pour le moins une connaissance) que tout professionnel du numérique doit avoir.
Toutes ces évolutions peuvent encore plus creuser l’écart entre les attentes des employeurs et les compétences et expériences des professionnels.
Quels autres métiers que le numérique vivent une telle révolution, en direct, aussi rapide ? Avec une telle accélération des changements ?
Tout cela impacte les recrutements, la gestion des compétences, la fidélisation des collègues, les formations.
Une piste ? le partage. Ces difficultés de recrutements peuvent ou doivent inciter à faire plus en commun, à mutualiser plus pour faire face à cette crise des ressources. Construisons ensemble les conditions d’une bonne GRH pour ces projets partagés.
Le monde paysan et l’informaticien
Faisons le parallèle avec un autre secteur qui a vécu des révolutions : l’agriculture. Imaginons que l’évolution de la fourche pour charger la paille à la main vers l’usage du 1er tracteur à vapeur (1869), puis des engins plus performants, de fermes familiales qui avaient comme but de nourrir les populations à une agro-industrie mondialisée … suivis de quelques dérives comme l’arrivée de la distribution massive d’engrais pilotée par satellites, les OGM, l’oublie volontaire de nourrir la terre… ne se fasse pas en 150 ans mais en seulement 40 ans. C’est un peu ce qu’à vécu un cadre de l’informatique sur ses 40 ans de carrière : du cobol sur écran cathodique vert à la télématique, du client serveur à l’internet puis du smartphone à l’usage d’une IA générative, le tout sous pression croissante de cyber-attaques et d’usagers toujours plus nombreux et exigeants (ce qui est positif). Quelle adaptation sur une génération ! Bravo les collègues.
Pour aller plus loin
Rappelons les 2 BAP concernées par ces tensions.
RÉFérentiel des Emplois-types de la Recherche et de l'ENseignement Supérieur
BAP E : Informatique, Statistiques et Calcul scientifique ;
BAP F : Culture, Communication, Production et diffusion des savoirs ;
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