Numéro 39décembre 2025
Cahier de laboratoire électronique : comment l'Université de Lorraine accompagne la transformation des pratiques vers le numérique
Catégorie : Témoignage
Auteures :
Élodie Papin Chargée de mission atelier de la donnée ADOC Lorraine, Mission d’Appui à la Recherche, Direction de la Documentation, Université de Lorraine
Claire De Cooman Assistante Publication en accès ouvert, Département Système d'Information et Appui à la Recherche, Bibliothèques universitaires, Nantes Université
Laetitia Bracco Responsable de l’atelier de la donnée ADOC Lorraine, responsable adjointe de la Mission d’Appui à la Recherche, Direction de la Documentation, Université de Lorraine
Un an après le déploiement du cahier de laboratoire électronique, l’Université de Lorraine a voulu savoir comment les équipes s’en saisissaient vraiment. En interrogeant six laboratoires, l’atelier de la donnée ADOC Lorraine a mis en lumière ce qui favorise l'appropriation de l'outil, ce qui demande encore un accompagnement, et le rôle clé des administrateurs d'équipe du cahier de laboratoire électronique. L'objectif de l'atelier : accompagner les chercheurs et les chercheuses dans la mise en place de bonnes pratiques autour de la gestion des données de recherche, incluant l'utilisation d'un cahier de laboratoire électronique.
Mise en contexte : la création du service de cahier de laboratoire électronique
En avril 2023, l’Université de Lorraine a déployé un service de cahier de laboratoire électronique avec la solution logicielle eLabFTW, développée par l’entreprise française Deltablot. Mis à disposition de l’ensemble des unités et infrastructures de recherche du site universitaire lorrain, le cahier de laboratoire électronique permet à leurs chercheurs et chercheuses de consigner, documenter, centraliser et partager toutes les informations nécessaires à la traçabilité et à la reproductibilité des expériences scientifiques
En octobre 2025, l’instance de production du cahier de laboratoire électronique contient 910 comptes utilisateurs répartis dans 79 équipes. 200 à 250 personnes s’y connectent au moins une fois par mois. Elle atteindra bientôt les 7800 expériences et 2000 ressources éditées, pour un peu plus de 27 Go de données.
L’atelier de la donnée ADOC Lorraine, qui pilote le service en coordination avec la Direction du Numérique et la Direction de la Recherche et de la Valorisation de l’Université de Lorraine et accompagne les scientifiques du site universitaire lorrain à la gestion des données de la recherche, a réalisé une enquête sur les usages du cahier de laboratoire électronique à l’Université de Lorraine, un an après son déploiement. Son rapport d’enquête est accessible dans l’archive ouverte HAL.
Menée entre avril et juillet 2024, cette enquête avait pour objectif d’évaluer l’adéquation du service aux besoins des scientifiques, ainsi que d’identifier et analyser les usages de l’outil. Six unités ou équipes de recherche, dont le point commun réside dans leur volonté de se diriger progressivement vers une utilisation systématique du cahier de laboratoire électronique, ont servi d’échantillon :
- Cibles thérapeutiques, formulation et expertise pré-clinique du médicament (CITHEFOR, UR 3452, Université de Lorraine) ;
- Centre de Recherche en Automatique de Nancy (CRAN, UMR 7039, Université de Lorraine / CNRS)
- Dynamique des Génomes et Adaptation Microbienne (DynAMic, UMR 1128, Université de Lorraine / INRAE) ;
- Équipe 208 - Chimie et Électrochimie des Matériaux de l’Institut Jean Lamour (IJL, UMR 7198, Université de Lorraine / CNRS) ;
- Laboratoire de Chimie Physique et Microbiologie pour les Matériaux et l’Environnement (LCPME, UMR 7564, Université de Lorraine / CNRS) ;
- Laboratoire Lorrain de Chimie Moléculaire (L2CM, UMR 7053, Université de Lorraine / CNRS).
Le rapport d’enquête des usages
Les résultats de l’enquête ont mis en lumière le rôle essentiel des administrateurs et administratrices d’équipe eLabFTW dans cette transition, en raison de leur expertise au sein de leurs laboratoires. Leur soutien de la part des directions d’unité ainsi que leur accompagnement par l’atelier de la donnée ADOC Lorraine se révèlent indispensables pour renforcer l’adoption du cahier de laboratoire électronique dans les unités de recherche. Bien que les retours d’expérience sur l’outil soient très positifs, la transition vers son utilisation systématique nécessite d’adapter progressivement certaines pratiques et de faire évoluer certaines habitudes de travail. Enfin, la mise en place du cahier électronique doit s’inscrire dans une réflexion globale sur la gestion des données de recherche au sein des unités, notamment en intégrant cette démarche dans les plans de gestion des données, qu’ils concernent un projet de recherche ou une entité.
Newsletter de l'agence
Les dernières actus de l'Amue dans votre boîte mail ! Inscrivez-vous à notre newsletter.
Besoin d’informations ?
Vous êtes décideur ou correspondant prescripteur au sein d’un établissement ESR et vous souhaitez plus de renseignements sur notre offre de services