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Faire communautés autour du numérique universitaire

Numéro 40mars 2026

Former à l’IA pour en faire un usage éclairé : ce que disent les étudiants

Catégorie : Retour sur...

Auteures :

Aide de l'IA pour la rédaction de l'article Mélody Di Pietro Accompagnatrice aux apprentissages pour l’IA, Université libre de Bruxelles

Sylviane Bachy Maitre de conférences en sciences de l’éducation et responsable de service, Université libre de Bruxelles

Severine Velev Responsable adjointe du Service d’Accompagnement aux Apprentissages, Université libre de Bruxelles

Alors que l’intelligence artificielle générative est désormais largement utilisée par les étudiants, ses usages restent contrastés et étroitement liés aux perceptions et aux opportunités de formation. À partir d’une enquête menée auprès de 600 étudiants de l’ULB, cet article met en lumière des profils d’usages différenciés et souligne un enseignement clé : former à l’IA ne conduit pas à l’intensification des pratiques, mais à un usage plus critique et réfléchi. 

L’intelligence artificielle générative (IAG) est largement utilisée par les étudiants pour soutenir leurs activités académiques (Kumps et al., 2025). La littérature souligne toutefois que ces usages ne sont ni homogènes ni équitables et dépendent fortement du contexte d’apprentissage et de la formation reçue (Bachy, 2025 ; Kumps et al., 2025 ; Tully et al., 2025). Cette recherche vise à mieux comprendre comment les étudiants de l’Université libre de Bruxelles (ULB) utilisent l’IAG et quels facteurs influencent ces usages.

Une enquête a été menée entre février et juillet 2025 auprès des étudiants de l’ULB. Au total, 600 réponses ont été recueillies. Le questionnaire portait sur les usages de l’IAG dans les études, les perceptions associées à ces outils, les formations suivies, ainsi que sur l’environnement d’apprentissage des étudiants, à travers l’indice de vulnérabilité proposé par Bachy et Baillet (2024). Ce dernier est un indicateur qui permet de situer les étudiants selon les caractéristiques de leur environnement d’apprentissage. Il prend en compte des éléments liés au parcours scolaire, aux conditions socio-économiques, à la filiation et aux ressources humaines disponibles, afin d’identifier les étudiants susceptibles de rencontrer davantage de difficultés dans leurs études. 

Les résultats montrent que l’IAG est désormais quasi omniprésente : 96 % des étudiants déclarent l’avoir déjà utilisée dans le cadre de leurs études. L’analyse des usages permet d’identifier quatre profils d’étudiants, semblables à ceux décrits dans la littérature (Kumps et al., 2025) : 

  • Les utilisateurs hybrides (29.85%) qui ont recours à l’IAG à la fois pour obtenir des informations et pour générer des contenus (en rose sur le graphique).
  • Les chercheurs d’informations (31.32%) qui utilisent l’IAG comme un support de recherche d’informations (en kaki sur le graphique).
  • Les utilisateurs modérés (16.48%) qui font un usage restreint de l’IAG pour leurs études (en turquoise sur le graphique).
  • Les créateurs de contenu (22.36%) qui mobilisent l’IAG essentiellement pour la rédaction et la production de contenus (en violet sur le graphique). 

Le terme « modérés » a été choisi pour remplacer le terme « limités » issu de la typologie originelle de Kumps et al. (2025). Il s’agit de qualifier la nature de l’usage et non d’attribuer une limite aux individus. 

Contrairement à ce que suggèrent certains travaux antérieurs (Bachy, 2025), les profils d’usage ne diffèrent pas selon l’indice de vulnérabilité des étudiants. En revanche, des différences nettes apparaissent dans les perceptions : les utilisateurs hybrides expriment des opinions plus positives, tandis que les utilisateurs modérés se montrent plus critiques. La formation apparaît comme un élément clé. Les étudiants ayant suivi une activité ou un atelier sur l’IAG présentent une posture plus réflexive. De manière intéressante, ce sont les étudiants les plus prudents qui sont proportionnellement les plus formés, ce qui suggère que la formation ne conduit pas nécessairement à un usage intensif, mais plutôt à un usage plus conscient et critique.

En conclusion

La nature de l’usage de l’IAG ne relève pas tant du contexte, mais elle est influencée par les perceptions et les opportunités de formations. Ces résultats soulignent l’importance de développer des dispositifs de formation capables de répondre aux besoins des différents profils d’étudiants, afin de favoriser une intégration éthique, responsable et inclusive de l’IAG (Kumps et al., 2025). 

Bibliographie

Bachy, S. (2025). Inégalités d’usage du numérique et de l’intelligence artificielle à l’université. SHS Web of Conferences, 214.  

Bachy, S., et Baillet, D. (2024). Identifier les étudiants vulnérables en première année à l’université. Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur, 40(1).  

Kumps, A., Di Pietro, M., Housni, S., De Lièvre, B. (2025). Analyse des profils d’utilisation de ChatGPT chez les étudiants de 12 à 29 ans en Fédération Wallonie-Bruxelles. Environnements Informatiques pour l’Apprentissage Humain, 12ᵉ conférence.  

Tully, S. M., Longoni, C., & Appel, G. (2025). Lower Artificial Intelligence Literacy Predicts Greater AI Receptivity. Journal of Marketing, 89(5), 120.  

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