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Date de création : 09/09/98

A lire aussi :

Consulter le rapport des études publié à la documentation française

Coll. "INFORMATIONS & ANALYSES (DATAR)", 1998

212 pages Réf. : 54463/9

www.ladocfrancaise.gouv.fr

Contacts :

Coordonnées : Datar

Marie-Catherine Lecocq - tel : 01.40.65.10.68 - Fax : 01.40.65.12.39

1 avenue Charles Floquet 75343 Paris cedex 7

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Une évaluation du plan Université 2000 (1990-1995)

Dernière modification 09/09/98

Auteur : Rédaction

La Datar a coordonné en liaison avec le ministère de l'Éducation nationale une évaluation du plan université U 2000. Nous présentons ici les grandes lignes de l'étude menée par les différentes équipes de recherche.

Une synthèse de l'ensemble des ces travaux, effectuée par Françoise Coutelier d'Intermède études et conseil et Jacques Gagnier de Quaternaire est éditée à la documentation française : "Développement universitaire et développement territorial: l'impact du plan U 2000 (1990/1995)"

Vous trouverez ci-dessous les objectifs du plan U 2000, le lancement de l'évaluation, les thématiques retenues et les grandes lignes du premier bilan.

Objectif du plan U 2000

Le Plan Université 2000 mis en place en 1990 avait pour objectif de faire face à une forte croissance des effectifs universitaires et aussi d'opérer certains rééquilibrages qualitatifs et quantitatifs : entre l'Île-de-France et les régions, entre grandes villes et villes moyennes, entre filières d'enseignement, l'accent étant mis sur le développement des cursus scientifiques, techniques et professionnalisés.

Lancement de l'évaluation

Le Comité interministériel d'aménagement du territoire qui s'est tenu à Troyes le 20 septembre 1994 a souhaité qu'une évaluation quantitative et qualitative du plan Université 2000 soit faite. La Datar et le ministère chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ont assuré la maîtrise d'ouvrage de l'évaluation.

Ils ont été assistés d'un Comité de pilotage national rassemblant, outre les commanditaires et leurs services impliqués, le Commissariat général au Plan, le ministère de l'Équipement, la Conférence des présidents d'université, la Fédération des maires des villes moyennes, la Mutuelle nationale des étudiants de France.

Le choix ne s'est pas porté sur une évaluation formelle de l'ensemble du programme Université 2000, au sens où l'on conçoit aujourd'hui l'évaluation d'une politique publique, mais plutôt sur l'approfondissement de thématiques jugées déterminantes pour la compréhension de la mise en œuvre du programme.

Thématiques retenues

Sept thématiques, confiées à des laboratoires universitaires et à des cabinets, ont finalement fait l'objet d'un rapport qui a été présenté au groupe national de pilotage, ce sont :

- L'évolution de la carte des formations supérieures.

- le bilan financier territorialisé des implantations nouvelles issues du Schéma U.2000.

- Analyse des implantations nouvelles et de leur effet sur le dispositif existant : le cas de la région Nord-Pas de Calais ; de la région Midi-Pyrénées, de l'Université de La Rochelle, de la région centre, du pôle Lorient-Vannes, de l'Île-de-France, et des pôles de développement universitaire.

- Le bilan quantitatif et descriptif des constructions Université 2000 ; ce thème fait l'objet d'une étude générale et de cinq monographies universitaires.

- Les spécificités territoriales du dispositif de recherche et de formation à la recherche.

- Mesure de l'ouverture des établissements d'enseignement supérieur et de recherche aux entreprises.

- La transformation des conditions de travail et de vie des étudiants liées à la mise en œuvre du schéma U.2000.

Un premier bilan de l'évaluation

Un premier bilan fait apparaître une carte de l'enseignement supérieur modifiée : les effectifs universitaires ont crû plus fortement encore qu'attendu ; des rééquilibrages se sont effectivement opérés entre types d'enseignement, entre régions, mais les gains en ce qui concerne les conditions de travail des étudiants sont relativement peu apparents, même si le défi principal - accueillir le flux massif d'étudiants- a été relevé, ce qui n'est pas un mince succès.

Au delà de la mesure des effets directs sur les constructions, les effectifs et la carte de l'enseignement supérieur, les études menées à la demande de la Datar et du Ministère chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche mettent en évidence l'apparition de relations nouvelles entre les universités et leur territoire.

Les modalités de mise en œuvre du Plan et singulièrement de création des implantations universitaires nouvelles ont conduit à cette évolution

Le partenariat qui préside à ces réalisations conduit à mettre au premier plan des préoccupations des problématiques telles que la place de l'université et de l'étudiant dans la ville, qu'elle soit métropole régionale ou ville moyenne, telles que l'association des usagers aux négociations ou les modalités mêmes de participation des collectivités au développement universitaire. Ce partenariat interpelle finalement les modes d'organisation de l'université, confrontée à des formes de développement multi-sites qui sont peu en cohérence avec sa tradition et son statut d'établissement autonome centralisé.

Cependant, cet enracinement dans des territoires nouveaux a d'ores et déjà un impact mesurable sur le recrutement des universités et sur l'offre d'enseignement développée, même si la localisation du recrutement et les choix d'orientation des étudiants, visiblement marqués par " l'effet d'offre ", ne manquent pas d'interroger la nature même de la démocratisation réalisée.

Par ailleurs, les attentes fortes des collectivités locales apparaissent, cinq ans après, inégalement satisfaites, en particulier en ce qui concerne les effets tangibles de la présence universitaire sur le développement local. Bien souvent, les logiques du développement universitaire et celles du développement local apparaissent divergentes : les modalités du développement de la recherche en sont un exemple, l'attente du local en matière de recherche appliquée directement utile aux entreprises ne recoupant guère les objectifs universitaires de développement d'une recherche fondamentale de haut niveau.

Au total, le Plan Université 2000 se révèle riche d'enseignements sur la mise en œuvre d'une politique publique partenariale, sur les prérequis à un essaimage universitaire réussi, sur les formes d'organisation universitaire que la nouvelle donne qui émerge du Plan, semble réclamer.

Le contexte pour les années à venir, marqué par la stabilisation, voire la décroissance des effectifs universitaires et le poids accru de la contrainte financière sur les collectivités locales ne manque pas de donner une brûlante actualité à ces questions, tout en en modifiant profondément les données.