Nouveau directeur de l'ESEN (Ecole supérieure de l'éducation nationale) à Poitiers, Bernard Dizambourg a un profil peu commun. Témoignage d'un homme qui, dans sa carrière, a su allier animation pédagogique et gestion administrative.

Nouveau directeur de l'ESEN (Ecole supérieure de l'éducation nationale) à Poitiers, Bernard Dizambourg a un profil peu commun. Témoignage d'un homme qui, dans sa carrière, a su allier animation pédagogique et gestion administrative.

La formation

"J'ai suivi des études assez techniques. Si on devait trouver un équivalent, j'ai passé une sorte de bac professionnel. Je viens de Picardie, d'un milieu modeste et le cours des choses aurait voulu que j'aille travailler en entreprise. J'ai intégré la première promo des IUT en mesures physiques, puis fait une formation complémentaire en gestion. Ensuite, je suis parti en coopération à Dakar durant deux ans. A 23 ou 24 ans, je suis devenu le chef du département IUT qui s'y ouvrait. Cela a été une véritable révélation : j'ai découvert là-bas la fonction d'enseignant en milieu professionnalisé."

Les années Créteil

"J'ai obtenu un poste de maître de conférences en gestion à Paris XII. Au départ, je ne pensais pas rester mais partir en entreprise. Finalement, je suis devenu chef de département de l'IUT de Créteil. J'y ai travaillé sur le MIAGE (Méthodes informatiques liées à la gestion), la formation continue mais aussi sur la mise en place de l'apprentissage. Le président de Paris XII était un médecin qui ne connaissait pas particulièrement les affaires de gestion. Je suis donc devenu vice-président, puis président de l'université en 1990. C'est une université complètement pluri-disciplinaire. Elle a longtemps été éclatée géographiquement. Il n'est pas évident de lui définir une identité propre. Elle a néanmoins toujours su équilibrer formation fondamentale et professionnelle. La formation continue et l'apprentissage y tiennent aussi une place de choix. De plus, dans les dernières années, les effectifs ont considérablement augmenté. Il a fallu gérer ce nouveau paramètre. Je dirais surtout que Paris XII se situe au cœur d'une académie très attachante (Créteil ndlr) Ici, on sent vraiment l'utilité sociale de l'université. C'est une académie où les projets poussent.

A peu près en même temps, des gens comme Eric Froment ou André Lespagnol ou Jean-Pierre Finance ont eux aussi accédé à la présidence d'établissements. Je nous vois un peu comme les produits de la politique de mise en œuvre contractuelle. D'autres rapports se nouent entre l'État et l'université.

Je ne regrette pas ces années passées à Paris XII..."

Le GIGUE

"Je deviens président du GIGUE en 1991. Celui-ci se fonde sur la fabrication des outils informatiques. Or dans beaucoup de domaines, on manque justement d'outils. Assez vite, s'opère un changement des mentalités, des modes de travail. Le GIGUE préfigure l'AMUE. Il amorce la fonction d'animation et d'échanges d'expériences. "

La CPU, les années de la construction

"En 1994-95, je deviens premier vice-président de la CPU. Quand nous arrivons, nous n'avons que deux bureaux. Je partage le mien avec Alain Abécassis. Ce sont les débuts de l'évolution de la Conférence, donc, encore un peu le Far-West !

La CPU reste pour moi un lieu de vrai débat collectif avec beaucoup d'unité.

Elle nous permet de mettre en perspective nos actions. Nous entamons des dialogues avec l'Etat mais aussi avec les syndicats. A cette époque, l'importance de la région est moins marquée que maintenant. Maintenant, entre le régional, le national et l'européen, il est plus difficile pour les présidents d'université de mener autant d'actions de front. "


Le Ministère : l'importance du travail en réseaux

"Jusqu'en novembre 1997, j'occupe la fonction de directeur de l'information scientifique, des technologies nouvelles et des bibliothèques au ministère de l'Éducation nationale. Au ministère, je découvre un milieu que je connaissais moins. Je me familiarise avec la question de la vulgarisation et la notion de culture scientifique. C'est aussi la première fois que j'ai à faire au second degré via les nouvelles technologies.

Je réfléchis au développement des bibliothèques universitaires. Je rencontre les conservateurs qui ont réussi à constituer un vrai réseau national tout en s'impliquant dans la vie de leur établissement. C'est une double perspective en laquelle je crois beaucoup.

Cette période est extrêmement riche parce qu'elle me permet aussi de rencontrer des gens venus d'univers différents. Je côtoie aussi bien des conservateurs que les milieux associatifs liés à la culture scientifique que des gens de l'INRP."

Jussieu

"A partir de 1997, je deviens président de l'Etablissement Public de Jussieu chargé du désamiantage du site, de sa rénovation et de son réaménagement. On me dit clairement que personne ne veut de ce poste. Mais moi, cela m'attire. Ce qui m'intéresse plus particulièrement, c'est cette rencontre entre un enjeu de santé publique, le réaménagement d'un quartier et la politique universitaire. Je suis confronté à un nouvel univers, celui de l'architecture. Ce seront des années riches mais difficiles."

L'ESEN : un nouveau défi

"Le rôle de l'ESEN est de former des cadres administratifs ou pédagogiques. C'est également le lieu de formation de tous les corps d'inspection du 1er et du 2nd degré. Je voudrais que cet endroit remplisse deux missions principales :

Que l'ESEN soit un lieu de ressources et d'élaboration des outils pédagogiques. Je voudrais travailler avec des équipes qui investissent sur le management du système éducatif. Le but n'est pas de faire tout tout seul. Nous souhaitons par exemple, mener des projets avec l'AMUE, mais aussi avec le Réseau des Ecoles de Service Public, l'INRP,le CNED… En ce qui concerne l'université, nous savons qu'il y a de la demande pour la formation de directeur d'UFR et des demandes de formations diplômantes pour les cadres administratifs.

Mais pour l'ESEN, il s'agit aussi de mettre en contact le public Education Nationale avec d'autres types de publics. Il s'agit de structurer une réflexion sur le système éducatif par le débat. Il est important, par exemple, que les acteurs du système éducatif rencontrent les collectivités territoriales. Nous aimerions que des prises de contact se fassent ici. L'ESEN se veut un lieu de réflexion globale.

Bien sûr, nous ne sommes pas à Paris. Mais cet endroit jouit de moyens relativement importants. Et plus il y a de dynamiques fortes, plus on a besoin de lieux de pensée globale."

 

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