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Date de création : 20/01/12

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La troisième génération du numérique à l'université

Dernière modification 20/01/12

L'année 2011 a marqué une rupture dans le monde du numérique et a ouvert ainsi une troisième génération du numérique bouleversant les pratiques et les usages. L'université, dans l'ensemble de ses mission d'enseignement et de recherche, dans ses fonctions supports et ses fonctions soutien, doit prendre en compte cette rupture pour préparer l'université de demain.

Urbaniser les systèmes d’information

1992

Avant les années 1992 (année d'ouverture des services du réseau enseignement supérieur et recherche Renater),  le sujet essentiel était de développer la connectivité pour rendre accessible des applications informatiques et développer l'informatisation des principaux processus de gestion ; le mode client-serveur prévalait. 1992 est le début de la deuxième génération avec  la standardisation autour du Web dont le développement a pu se généraliser grâce à l’explosion du débit des réseaux informatiques elle-même rendue possible par l'évolution des technologies de transport de l'information.

Les priorités ont  alors été centrées sur l'accessibilité de l'information et des services numériques, sur leur ergonomie, sur l’interopérabilité ; l'agencement des services numériques dans une logique d'intégration a pris une place importante : c'est l'urbanisation des systèmes d'information. Les portails numériques et les espaces numériques de travail ont constitué un moyen de simplifier et d'organiser l'accès des usagers aux principaux services numériques. 

2011

En 2011, des réseaux à très haut débit sont opérationnels sur les sites universitaires comme sur les sites professionnels, au domicile mais aussi sur tout l'espace public. Le réseau est omniprésent. En même temps, une transformation radicale des terminaux numériques a commencé  avec la diffusion des tablettes et autres ipads dont l'une des caractéristiques est de gommer la notion de poste de travail.

Stratégie numérique et système d’information

L'égalité face au numérique et, particulièrement,  le souci de ne pas défavoriser les étudiants pour lesquels un équipement numérique reste un investissement coûteux, ne peuvent plus conduire à freiner le déploiement du numérique  dans les universités et l'on observe la plus-value que tous peuvent obtenir de ressources numériques facilement accessibles : cours en ligne, documentation en ligne, relations avec les enseignants etc . Du reste, les politiques d'équipement organisées par le ministère ou par les établissements eux-mêmes tendent à limiter cette fracture numérique et permettent aujourd'hui aux universités de mettre en œuvre une stratégie numérique résolue.

La pratique qu'ont les étudiants qui entrent à l'université de l'usage des réseaux sociaux remet en question l'accès à l'information « éducative » que les universités leurs doivent : l'utilisation des réseaux sociaux ne peut être limitée aux activités sociales ou culturelles des étudiants mais doit s'élargir à l'ensemble de leur vie universitaire.  
De ce fait, deux sujets techniques méritent d'être revisités en profondeur : l'un porte sur la sécurité des services et des données qui ne peut plus être gérée par le contrôle de l'accès aux applications mais doit désormais être portée par l'information elle-même. L'autre porte sur la qualification de l'information pour donner à chacun les moyens d'évaluer la qualité de l'information et distinguer une information contrôlée d'une information non validée.

L'université doit désormais considérer toute les populations qui la composent comme autant d'e-usagers accédant à un système d'information global ; et on ne  mésestimera pas  le fait de la pluralité des rôles qu'un même individu peut avoir dans ce nouvel espace social : étudiant et enseignant, enseignant et cadre administratif etc.

Cette rupture qui s'opère sur le champ du numérique aura  un impact profond sur le système d'information des universités. Il ne peut plus être considéré seulement comme la réponse aux besoins spécialisés de certains usagers professionnels (les gestionnaires financiers, les gestionnaires RH, les responsables recherche etc...) mais plus largement comme le système qui organise l'ensemble de l'information de l'université et la rend accessible à toutes les populations.
Aujourd’hui les SI doivent être organisés dans une logique de l'information numérique. L’espace d'information doit répondre aux besoins des e-usagers ; qualité de l'information, unicité de l'information fournie, réutilisabilité de l'information, simplicité d'accès sont les mots-clés du système demain.

Importance du système décisionnel

Corollaire de cette expansion de l'espace numérique, le système décisionnel prend une importance accrue : son importance pour la définition et le contrôle de la politique de l'établissement sont déjà largement connus. Le système décisionnel devient un instrument clé pour rassembler, corréler et synthétiser une information dont le volume croît. Capacité à traiter des sources d'information variées, capacité à explorer de larges volumes de données, simplicité d'accès et de manipulation sont autant de caractéristiques attendues d'un système décisionnel performant pour les universités.

Pour maintenir et développer leur place dans une compétition accrue où le numérique constitue un atout et pour répondre aux attentes d'une population étudiante de plus en plus familière avec ces nouvelles pratiques, les universités doivent affirmer leur stratégie du numérique et l'organiser. Ce   n'est pas une affaire de spécialistes de nouvelles technologies, c'est désormais un élément constitutif  des métiers de l'université. Une stratégie globale et coordonnée s'impose d'autant plus.